Plusieurs cyclistes font l’erreur de penser que le sillonnage est une activité réservée au monde de la compétition. D’autres ne font aucune différence entre le sillonnage de compétition et le sillonnage utilisé durant une sortie cyclosportive. En réalité, les compétiteurs et les cyclosportifs utilisent des techniques semblables de sillonnage, mais leur comportement peut être différent dans plusieurs situations particulières. Ces différences sont dues aux buts visés par le sillonnage.

En compétition le sillonnage est utilisé afin de réduire l’effort. On veut garder ses forces pour "clencher" l’autre au bon moment. Le cycliste arrière est "profiteur" et celui d’en avant fait profiter de lui. L’entraide est involontaire.

Le contexte d’une sortie cyclosportive est très différent. L’ensemble des cyclistes forme une équipe sportive qui s’entraide le mieux possible afin de combattre un ennemi commun : le frottement de l’air. Les cyclosportifs font un travail d’équipe tandis que les compétiteurs sont individualistes. De plus, le cyclosportif ne recherche pas une bonne vitesse pour gagner, mais pour le plaisir de "vivre" cette vitesse, c’est-à-dire pour le plaisir purement sportif de rouler vite. Ces différences dans les buts visés ont des conséquences sur le comportement de ces cyclistes.

Il faut toutefois admettre qu’en plusieurs cyclosportifs sommeille un petit compétiteur. Durant les étapes "plus chaudes" d’une sortie cyclosportive, il arrive parfois que plusieurs ressentent, en même temps, le besoin de se comparer. Qu’à cela ne tienne, le plaisir étant la première règle de ces regroupements, on ne peut faire autrement que d’accepter qu’un sous-groupe d’adultes consentants puisse occasionnellement basculer du type cyclosportif à compétitif.